Taxe sur la vente d'or : forfait 11,5 %, régime réel ou exonération ?
Publié le 31/08/2026
Vendre de l'or en France n'est pas anonyme fiscalement : chaque cession est encadrée par un régime précis, prélevé directement par le professionnel qui rachète. Bonne nouvelle : dans bien des cas, la note est plus légère qu'on ne le croit — à condition de connaître les deux régimes possibles et de conserver ses factures. Voici l'essentiel, en clair.
Deux régimes au choix à la revente
Quand vous vendez de l'or d'investissement (pièces cotées, lingots, lingotins), vous avez le choix entre :
- la taxe forfaitaire sur les métaux précieux (TMP) : 11,5 % du prix de vente total (11 % + 0,5 % de CRDS), sans aucune justification à fournir ;
- le régime réel des plus-values : seule la plus-value effectivement réalisée est taxée, à condition de prouver la date et le prix d'achat par une facture nominative.
Le choix se fait vente par vente, au moment de la transaction. Le professionnel (comptoir de rachat, plateforme) collecte la taxe et la reverse pour vous : vous recevez un prix net.
La taxe forfaitaire de 11,5 % : la solution par défaut
Sans facture d'achat, c'est le seul régime possible. Elle s'applique dès le premier euro sur l'or d'investissement et se calcule sur le prix de vente total, pas sur le gain. Exemple : vous vendez pour 3 000 € de pièces héritées sans justificatif, la taxe est de 345 € — même si l'or a été payé plus cher à l'époque. C'est simple, mais rarement optimal quand la plus-value réelle est faible ou nulle.
Le régime réel : souvent plus avantageux… avec une facture
Avec une facture nominative (ou un acte de succession/donation daté et chiffré), vous pouvez opter pour la taxation de la seule plus-value : 37,6 % depuis le 1ᵉʳ janvier 2026 (19 % d'impôt + 18,6 % de prélèvements sociaux), avec un abattement de 5 % par année de détention à partir de la 3ᵉ année et une exonération totale au bout de 22 ans. Conséquences pratiques :
- vous revendez à perte ou au même prix : 0 € de taxe ;
- vous détenez l'or depuis plus de 22 ans (facture à l'appui) : 0 € de taxe ;
- entre les deux, le réel bat souvent le forfaitaire dès que la plus-value est modérée.
D'où la règle d'or : gardez systématiquement factures et scellés numérotés, et transmettez-les avec les pièces en cas de donation.
Bijoux en or : un régime à part, souvent exonéré
Les bijoux, débris d'or et objets ne relevant pas de l'or d'investissement suivent la taxe forfaitaire sur les objets précieux : 6,5 % du prix de vente, mais uniquement au-delà de 5 000 € par cession. En dessous de ce seuil — le cas de la grande majorité des ventes de bijoux —, il n'y a aucune taxe. Avant de vendre, estimez la valeur métal de vos bijoux avec notre calculateur d'or et gardez en tête les fourchettes de décote pratiquées au rachat (souvent 10 à 30 % sous le cours).
En pratique : ce qu'il faut retenir
- Le professionnel prélève la taxe à la source (déclaration n° 2091) : rien à payer ensuite, mais vérifiez la ligne « taxe » sur le bordereau de rachat.
- Le paiement en espèces est interdit pour le rachat de métaux : virement ou chèque uniquement, ce qui protège aussi le vendeur.
- Pièces cotées et lingots : TMP 11,5 % dès le 1ᵉʳ euro, ou régime réel sur facture. Voir notre guide des pièces d'or d'investissement et la valeur du Napoléon.
- Bijoux : exonération sous 5 000 € par vente, 6,5 % au-delà.
Ces informations sont données à titre général, sur la base des règles en vigueur en 2026 ; elles ne constituent ni un conseil fiscal ni un conseil en investissement. En cas de somme importante ou de situation particulière (succession, expatriation), rapprochez-vous d'un professionnel.